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Jacob Lawrence

Jacob Lawrence naît le 7 septembre 1917 à Atlantic City, dans le New Jersey. Ses parents — Rosa Lee, domestique de Virginie, et Jacob, cuisinier pour une compagnie de chemin de fer de Caroline du Sud — font partie des nombreux Africains-Américains qui quittent le Sud pour le Nord dans les premières années de la Grande Migration, pendant et après la Première Guerre mondiale. En 1919, la famille Lawrence s’installe en Pennsylvanie, à Easton, important centre de l’industrie sidérurgique. En 1924, les parents divorcent et Rosa Lee déménage avec ses enfants à Philadelphie, qu’elle quittera en 1927 pour aller chercher du travail à New York. Le jeune Lawrence passe alors trois années, avec son frère et sa sœur, dans des foyers d’accueil, avant de rejoindre sa mère en 1930. Installé à Harlem, il partage son temps entre l’école, un travail comme garçon de courses et des cours d’art à l’Utopia Children’s House, un centre pour enfants destiné à aider les mères qui travaillent. Au milieu des années 1930, il participe régulièrement aux cours de l’artiste africain- américain Charles Alston au Harlem Art Workshop. Alston l’encourage à fréquenter le Harlem Community Art Center, dirigé par le sculpteur Augusta Savage. En 1937, Savage aide Lawrence à obtenir une bourse d’études à l’American
Artists School et un emploi comme peintre dans le cadre du projet Works Progress Administration. En 1941, Lawrence épouse Gwendolyn Knight, sculpteur et peintre. Elle devient une véritable compagne de travail, en participant à la préparation des peintures, à la composition des légendes qui accompagnent souvent les tableaux, par des critiques attentives et perspicaces.
Les premières peintures de Lawrence (vers 1935) sont des scènes de genre de la vie à Harlem pendant la Grande Dépression. Dans des couleurs sombres et vives sur du papier kraft brun, elles représentent des moments de pauvreté manifeste, des soins de santé inadéquats, des intimidations policières, des expulsions et une exploitation raciale. À la fin des années 1930, il commence à peindre en série en explorant l’histoire et les luttes des Africains-Américains. Lawrence met en place un nouveau genre de peinture d’histoire : chroniques picturales consacrées à des épisodes ou personnages clés de l’histoire africaine-américaine, chacune constituée de plusieurs dizaines de tableaux narratifs. Entre 1938 et 1940, il produit les premières séries : 41 peintures sur la vie de Toussaint Louverture, le révolutionnaire haïtien ; 32 peintures sur la vie de l’abolitionniste Frederick Douglass ; 31 peintures sur la vie de Harriet Tubman. Dès 1939, à l’initiative d’Alain Locke et de la Harmon Foundation, sa série dédiée à Toussaint Louverture est présentée à l’exposition du Baltimore Museum of Art. En 1941, il termine « The Great Migration », la plus importante de ses séries — dont la narration épique est un mélange unique de peinture murale, de réalisme social et d’abstraction moderniste — qui est immédiatement achetée par la Phillips Memorial Gallery et le MoMa, ce qui le consacre comme artiste le plus prometteur des États-Unis. Il devient le premier artiste africain-américain représenté par une galerie new-yorkaise, la Downton Gallery. Honoré à de nombreuses reprises — il est notamment le premier artiste noir distingué par le National Institue of Arts and Letters — il bénéficie, de son vivant, de grandes rétrospectives itinérantes organisées entre autres par le Whitney Museum. Alors qu’il s’investit de plus en plus dans l’enseignement — il sera nommé professeur émérite de l’université de Washington à Seattle — sa peinture continue à évoluer sans cesse. À nul autre pareil, son « cubisme dynamique », mettant en images l’histoire et la vie quotidienne de la communauté africaine-américaine, fait de lui un artiste primordial.

Chez Ypsilon

Jacob Lawrence Harriet et la Terre promise
Jacob Lawrence
Harriet et la Terre promise


traduction d’Étienne Dobenesque

20 €

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