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La libellule, Amelia Rosselli, Librairie Ptyx, 14 juin 2014.


je ne sais plus guerrer ; donc quelle nouvelle liberté cherches-tu parmi des mots usés.

La Libellule est décrit par nombre de commentateurs comme une œuvre-clé de Amelia Rosselli. Et celui-ci étant ouvertement une interrogation sur l’art poétique, elle ne le dissimule nullement. Texte butoir autant que pivot, elle le sait arrivée et commencement. S’articulant autour des reprises de vers de poèmes (de Rimbaud, de Campana, de Montale) qui l’ont amené là où elle s’interroge à ce moment, La Libellule est d’abord un poème qui s’affiche comme provenant de quelque chose (une tradition? une filiation? un simple fil?) mais sans qu’il désire s’y arrêter.

je fleuris les vers d’autres altitudes

Qui donc se sait provenir d’un terreau, savoir ce qu’il lui doit. Et qui sait aussi que c’est probablement de là qu’elle tire la force d’y échapper.

Et l’esthétique ne feras plus notre joie nous yrrons vers les vents, la queue entre les jambes dans une vaste expérimentation

Expérimentation, donc. C’est vers un ailleurs que doit conduire la poésie. Mais vers un ailleurs non connu. C’est y aller qui compte.

Ne sais si je rime par enchantement ou par raison et ne sais si tu le sais que je rime entièrement pour toi.

Entre liberté (le « liber » de la libellule) et guerre (son « bellum »), la poésie d’Amelia Rosselli dont on voyait déjà les sublimes germes dans Variations de guerre, se développe ici comme une subtile et indispensable recherche de la liberté.

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