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« Fables, Leonard Sciascia et P. P. Pasolini », in performarts.net, 26.04.2017


« Il y a certes un pessimisme cruel et satisfait chez Sciascia. Mais il faut chercher, comme toujours, l’optimisme dans l’écriture. » disait Alberto Moravia. L’optimisme serait ici d’être entendu.
Favole della dittatura sont une série de très courts récits, de trois à quinze de lignes. On y reconnait ou devine des histoires connues. L’agneau voit le loup dans le miroir trouble de l’eau. Et plus rapide et brutal qu’en français : « E d’un balzo gli fu sopra a lacerarlo » (traduit « D’un bond il lui tomba sur le râble pour le mettre en pièces »).
Nous pensons évidemment à notre incontournable Jean de La Fontaine. Normal : À l’origine, source commune, Esope. Mais toute une tradition en Italie, y compris dialectale romaine et sicilienne, aurait soutenu l’auteur.
Pour être « après-coup », puisque publiés en 1950, ces écrits peuvent être plus directement critiques et dit Pasolini, être mieux compris. « Mais le rossignol, la nuit entière, de peur se tut. » Aurait-il chanté qu’il n’aurait pas été entendu : le disent plusieurs fois ces petits contes, qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas comprendre. Lorsque « L’ordre nouveau » établit par les singes prêche la paix, la souris confiante plaisante avec le chat. Que pensez-vous qu’il soit arrivé ?
« L’élément lourd, tragique de la dictature a grande place dans ces pages si légères, mais tout est transposé en de très rapides syntagmes, en de survolantes saillies qui ne laissent pas de faire frissonner » écrivait Pier Paolo Pasolini dans la recension du livre qu’il publiait dans le journal La libertà d’Italia, (sous le titre Dittatura in fiaba) recension ici reprise, en italien et en français, en une bien utile postface. Petit volume à lire en espérant qu’il ne soit pas aujourd’hui devenu « d’avant-coup ».

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