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Alejandra Pizarnik La Comtesse sanglante
Alejandra Pizarnik
La Comtesse sanglante


10/2013

traduction et postface de Jacques Ancet


76 pages
15 x 22,5 cm


ISBN  978-2-35654-031-7

17 €

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Paru d’abord en 1966 dans la revue Testigo à Buenos Aires, ce texte est repris par Alejandra Pizarnik pour être publier à part en volume en 1971, ce qui confère à ce «poème-critique» une valeur toute particulière. Ce qu’elle écrit d’emblée de Valentine Penrose et de son livre Erzsébet Báthory, la comtesse sanglante (paru au Mercure de France en 1962, quand Alejandra Pizarnik vivait à Paris), vaut aussi pour elle-même : « Valentine Penrose a recueilli des documents et des témoignages sur un personnage réel et insolite : la comtesse Báthory […]. // Excellent poète […], elle n’a pas séparé son don poétique de sa minutieuse érudition. Sans altérer les faits réels obtenus avec peine, elle les a refondus en sorte de vaste et beau poème en prose.» Depuis la publication de Cahier jaune et grâce à la lecture de ses Journaux on connaît l’obsession pour la prose d’Alejandra Pizarnik. Prose qui reste poème, étude qui reste recherche poétique. «Je ne peux pas croire que c’est moi qui ai écrit la prose sur la Comtesse. Ou plutôt, je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas poursuivi sur cette voie.» (1968, 10 septembre)
Cette nouvelle édition de La Comtesse sanglante, dans la traduction revue et corrigée de Jacques Ancet (première édition chez Unes en 1999) restituant la mise en page et le texte de la dernière version publiée par l’auteur, celle en volume de 1971, met en évidence ce travail de lecture-écriture, poème-critique. Alejandra Pizarnik est aussi cet «excellent poète» qui sait ne pas séparer «son don poétique de sa minutieuse érudition», grande lectrice elle s’approprie, elle absorbe et transforme, elle se nourrit des ses auteurs favoris, choisis parce qu’elle s’y retrouve comme elle s’y cherche. Quand elle décrit la mélancolie de la Comtesse elle décrit la sienne. Comme Valentine Penrose, Alejandra Pizarnik, « comme Sade dans ses écrits, comme Gilles de Rais dans ses crimes, la comtesse Báthory touche par-delà toute limite, le fond ultime du déchaînement. Elle est une preuve de plus que la liberté absolue de la créature humaine est horrible.»